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Février – le mois où tout démarre (et où on se pose mille questions)

Février – le mois où tout démarre (et où on se pose mille questions)

Février, c’est un peu le lundi matin de la saison maraîchère : on est motivé, un peu stressé, très concentré… et déjà couvert de compost. 😄Après un mois de janvier à tout préparer aux petits oignons (plans de culture, matériel, organisation mentale), février marque le vrai coup d’envoi. Les premiers semis commencent, et avec eux reviennent les grandes questions existentielles du maraîcher — celles qui ne disparaissent jamais, même après des années de pratique.

👉 Trop tôt ou trop tard pour semer ?👉 La levée sera-t-elle digne d’un manuel… ou d’un film d’horreur ?👉 Les rongeurs vont-ils considérer nos semis comme un buffet à volonté ?👉 Les couches chaudes vont-elles assurer le service minimum syndical ?👉 Les serres sont-elles vraiment prêtes à affronter le froid ?👉 Les semences choisies vont-elles tenir leurs promesses ?👉 Et surtout… notre plan de culture va-t-il rendre mes clients heureux ?

Bref, février, c’est un joyeux mélange d’enthousiasme et de pression. Cette première étape est cruciale : si on la rate, on passe le reste de l’année à ramer… sans jamais vraiment rattraper le retard. Alors on respire, on s’organise, et on fait les choses au bon moment.

Organisation : votre meilleure alliée

Avant de semer la moindre graine, tout doit être prêt :

  • plaques de semis propres et alignées comme à la parade,

  • compost de semis aéré,

  • semences à portée de main,

  • étiquettes (bien lisibles, promis),

  • agrafeuse chargée,

  • et surtout le plan de culture, ce précieux GPS de la saison.

Ce plan vous accompagnera toute l’année. Il évoluera avec la météo, les imprévus, et parfois vos intuitions… mais il reste votre fil conducteur.

La motivation : le carburant jusqu’au 31 décembre

La motivation, c’est la graine invisible de la saison. Elle doit tenir sur la durée. Car il y aura des moments magiques… et d’autres beaucoup moins : météo capricieuse, maladies, trop d’eau, pas assez, canicule, fatigue.

Petit conseil d’ami : évitez les fêtes trop arrosées quand une récolte vous attend le lendemain matin. Tester le maraîchage avec un mal de tête n’est pas une expérience que je recommande (testé pour vous 😅).

Rappelez-vous ceci : vous exercez le plus beau métier du monde, et probablement l’un des plus exigeants. Vous donnez naissance à une alimentation saine, vivante, sans pesticides. Voir une graine germer reste, encore aujourd’hui, une petite magie quotidienne qui nous motive à continuer.

Matériel pour les semis (check-list anti-galère)

Avant de commencer, assurez-vous d’avoir :

  • une grande table solide,

  • du compost de semis,

  • un seau à compost,

  • des semences,

  • un balai sans manche,

  • des étiquettes,

  • plaques de semis, godets, pots, motteuses,

  • semoirs,

  • une chaise (vos genoux vous remercieront),

  • musique, radio, livre audio… ou le doux silence.

Bien s’installer : semer longtemps sans se fatiguer

Les semis, ce n’est pas 10 minutes entre deux cafés. C’est parfois des journées entières, plusieurs jours d’affilée. Le confort est donc essentiel : température agréable, table à bonne hauteur, mouvements fluides.

Pour les premiers semis de l’année, nous travaillons à l’intérieur, dans ce que j’appelle ma « salle de formation ». Nous alternons musique, radio ou silence total, selon l’humeur du jour et l’état de notre cerveau.

Compost de semis : la base de tout

Si vous débutez, un compost de semis bio du commerce fera parfaitement l’affaire. Plus tard, vous pourrez passer au fait maison, à condition qu’il soit :

  • bien aéré,

  • capable de retenir l’eau,

  • riche en nutriments,

  • sans maladies,

  • sans graines indésirables.

Notre recette préférée :

  • 40 % compost bio du commerce

  • 40 % compost tamisé de feuilles mortes

  • 20 % sable de rivière

Semences – petites graines, grandes personnalités 🌱

Les semences, c’est un peu comme les gens : elles sont toutes différentes. Certaines sont minuscules, légères et un brin capricieuses (coucou la laitue), d’autres plus rondes, plus costaudes et nettement plus faciles à attraper entre deux doigts (bonjour le radis). Apprendre à les connaître, c’est déjà faire un pas vers des semis réussis.

Les graines enrobées : le costume trois-pièces de la semence

Nous utilisons autant que possible les graines enrobées. Le principe est simple et malin : la graine est recouverte d’un matériau naturel (souvent de l’argile) pour lui donner une forme plus régulière et surtout plus facile à semer. Bonus non négligeable : l’enrobage retient l’humidité autour de la graine, ce qui rend la levée plus homogène.

Le seul petit hic ? Le prix, plus élevé que celui des graines nues. Mais quand on a beaucoup de semis à faire, le gain de temps, de confort et de régularité vaut largement l’investissement. Comme souvent au potager, tout est une question d’équilibre.

L’enrobage maison : version sport collectif

Il est aussi possible de réaliser soi-même l’enrobage des graines. Masanobu Fukuoka utilisait déjà cette technique. Attention toutefois : c’est un travail d’équipe.

  • Une personne agite les graines avec de l’argile très fine.

  • La seconde ajoute l’eau… goutte après goutte.

Peu à peu, l’argile s’agglomère autour de chaque graine et forme une petite bille. Résultat bluffant, mais prévoyez des pauses : la tétanisation des bras n’est jamais loin 😄.

Dernier détail important : les graines enrobées doivent être utilisées dans l’année et conservées au réfrigérateur. Oui, vos graines aussi aiment le frais.

Étiquettes de semis – parce que la mémoire a ses limites

À mes débuts en maraîchage permacole, j’utilisais des étiquettes classiques : variété + date, plantées dans la plaque. Simple… en théorie.

En pratique, dès que je posais les voiles de forçage le soir, une bonne partie des étiquettes disparaissait mystérieusement. Depuis quatre ans, j’ai donc changé de stratégie : je fabrique mes propres étiquettes, je les plastifie et je les agrafe directement sur le côté des plaques.

C’est un peu long à fabriquer pendant la période creuse, mais quel bonheur ensuite : gain de temps, lisibilité, et surtout plus de plaques anonymes façon « qui suis-je ? ».

Plaques de semis – la colonne vertébrale des semis

Impossible de faire du maraîchage permacole sans plaques de semis. Il en existe de toutes sortes. De mon côté, je travaille depuis le début avec la société Caahmro, qui propose une large gamme de matériel.

Les plaques ont toutes à peu près la même taille, mais pas le même nombre d’alvéoles : 40, 50, 84, 132… Plus il y a d’alvéoles, moins chaque cellule contient de compost. Le choix dépend donc directement du type de culture à semer.

Elles sont solides, réutilisables sur plusieurs saisons, mais restent du consommable. Un jour ou l’autre, il faudra en renouveler une partie — c’est la vie des outils.

Godets et pots – pour les grands costauds

Les godets sont réservés aux plants qui prennent vite leurs aises : tomates, concombres, courgettes, courges, poivrons, piments… Bref, tous ceux qui aiment avoir un peu d’espace dès le départ.

Motteuses – efficaces mais exigeantes

La motteuse permet de créer des mini-mottes dans lesquelles on sème directement une graine. Il en existe de différentes tailles, adaptées à presque toutes les cultures.

Personnellement, nous utilisons plus cette méthode : le transport des mottes jusqu’aux serres est délicat, elles sont fragiles, et les couches chaudes ne sont pas parfaitement horizontales. Résultat : trop de manutention pour nous.

Semoirs – la technologie… ou les doigts

J’ai testé pas mal d’outils : seringues, semoirs à tapoter, systèmes à aspiration. Au final, nous revenons toujours à la méthode la plus simple : les doigts, bien secs. Sinon la graine colle, et là, c’est le drame.

Avec les graines enrobées, cette méthode est encore plus confortable et précise.

Réaliser les semis – météo et bon sens

Notre ferme se situe dans le sud de la Seine-et-Marne. Les gelées sont encore fréquentes en février, parfois même en mars. Autant dire que la météo devient une obsession. Nous utilisons plusieurs applications que nous consultons plusieurs fois par jour pour rester réactif.

Gestion de la serre – vigilance maximale

À cette période, la serre se surveille comme le lait sur le feu. Voiles de forçage systématiques sur les plaques, surélevés pour éviter tout contact avec les jeunes pousses. Rien de plus frustrant que de perdre des semis par simple négligence.

Le soir, nous recouvrons tout. Le matin, on s'adapte en fonction de la température. C’est du travail en plus, mais impossible de prendre des risques sur les premiers semis.

Les couches chaudes sont en pleine action : voir une légère brume s’en échapper au petit matin est toujours rassurant. Ça chauffe, la vie est en marche.

Semis en pratique – simple, efficace, répétitif

On remplit les cellules de compost, on racle le surplus, on tasse (petite chute contrôlée de la plaque sur la table), une graine par cellule, on recouvre, on étiquette… et on recommence.

Astuce d’ergonomie : évitez de croiser les bras. Vos épaules — et votre timing — vous diront merci.

Les plaques semées sont empilées en quinconce pour gagner de la place, puis installées en serre sur couches chaudes ou paillage. Pour les laitues, passage obligatoire de 48 h à 18–20 °C avant l’installation définitive.


Cultures du mois de février – le vrai coup d’envoi 🌱

Février, c’est le mois où l’on entre enfin dans le vif du sujet. Tous nos premiers semis sont réalisés en plaques de semis, sous serre, et ce n’est pas un hasard.

Pourquoi nous aimons tant semer en février ?

  • Parce que la météo du sud de la Seine-et-Marne ne plaisante pas, et que la serre nous permet de prendre de l’avance.

  • Parce que dans une trentaine de jours, nous aurons de beaux plants prêts à rejoindre les planches de culture.

  • Parce que cela facilite les associations et la diversité des variétés sur un même espace.

  • Et parce que ça libère de la place dans les serres pour… encore plus de semis (oui, on devient vite accro).

Février reste un mois relativement calme : on sème beaucoup, on plante peu. Mais dès mars, tout s’accélère. Semis et plantations se croisent, les journées raccourcissent (dans nos agendas, pas dans le ciel), et les imprévus s’invitent sans prévenir. La règle d’or reste la même : ne jamais remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. Le potager, lui, n’attend jamais.

Betterave potagère

La betterave fait partie de la famille des Chenopodiacées. C’est un légume racine généreux, fidèle, et plutôt facile à vivre.

Petite particularité : la graine est enfermée dans un glomérule liégeux contenant 3 à 6 graines. Résultat ? Un semis donne souvent plusieurs plantules. Du semis au plant prêt à être repiqué, comptez 5 à 8 semaines.

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Température de germination : 10 à 30 °C

  • Température idéale de croissance : 20 °C

  • Levée : environ 10 jours

Blette, bette, poirée, carde

La blette est elle aussi une Chenopodiacée, mais version légume feuille. Elle est incroyablement productive et tolérante, parfaite pour étaler les récoltes.

  • Période de semis : février à octobre (selon la variété)

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Germination : 10 à 30 °C

  • Température idéale : 19 °C

  • Levée : 10 à 20 jours

Carotte

La carotte appartient à la famille des Apiacées et aime qu’on la laisse tranquille. Ici, pas de plaque de semis : semis direct sur planche plate.

Nous utilisons un semoir 6 rangs d’Eliot Coleman, parfois associé à des radis ou des haricots verts nains. Avant le semis, nous pratiquons systématiquement un faux semis pour réduire la concurrence des adventices.

Après le semis, un voile de forçage fait double emploi : il protège des oiseaux un peu trop curieux et gagne environ 2 °C.

  • Germination : 7 à 30 °C

  • Température idéale : 18 °C

  • Levée : 10 à 20 jours

Chicorée frisée, scarole

La chicorée est une Astéracée au caractère bien trempé, mais rapide à lever et agréable à travailler.

  • Semis : février à juillet

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Germination : 10 à 25 °C

  • Température idéale : 18 °C

  • Levée : 2 à 7 jours

  • Plant prêt en 3 à 4 semaines

Chou-rave

Le chou-rave, Brassicacée un peu sous-estimée, mérite pourtant toute notre attention. Rapide, original et productif.

  • Semis : février à juillet

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Germination : 15 à 35 °C

  • Température idéale : 22 °C

  • Levée : 8 à 10 jours

  • Plant prêt en 1 à 2 mois

Fenouil

Le fenouil, Apiacée délicate mais tellement parfumée, se sème longuement dans la saison.

  • Semis : février à septembre

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Germination : > 12 °C

  • Température idéale : 20 °C

  • Levée : 8 à 10 jours

  • Plant prêt en 1 à 2 mois

Fève

La fève est une Fabacée robuste, fidèle alliée du sol. Elle se sème directement en place, à environ 4 cm de profondeur, souvent au sommet des buttes.

Elle a un superpouvoir : fixer l’azote de l’air et enrichir naturellement le sol.

  • Germination : > 8 °C dans le sol

  • Température idéale : 22 °C

  • Levée : 5 à 8 jours

  • Récolte : environ 5 mois après semis

Nous essayons toujours de semer des fèves sur mes buttes rondes permanentes. Elles s’y plaisent, et le sol aussi.

Laitue

La laitue, Astéracée par excellence, peut être semée toute l’année. Discrète au départ, mais rapide à se montrer.

  • Plaques de semis : 84 alvéoles

  • Germination : 5 à 27 °C

  • Température idéale : 15 à 20 °C

  • Levée : 4 à 10 jours

  • Plant prêt en 3 à 7 semaines

Poireau

Le poireau, membre de la famille des Alliacées, est souvent considéré comme un légume feuille. Pourtant, en biodynamie, il donne de bien meilleurs résultats lorsqu’on le traite comme un légume racine.

Nous semons le poireau en caissette de février à mai. Lorsque le plant atteint la taille d’un crayon, nous pratiquons l’habillage : on coupe un tiers des racines et un tiers des feuilles avant la plantation. Un petit passage chez le coiffeur, en somme.

  • Germination : 13 à 24 °C

  • Température idéale : 20 °C

  • Levée : 10 à 20 jours

  • Plant prêt en 12 à 14 semaines

 
 
 

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